
comme TEMPS|
LE TAON Lorsque je faisais des balades à cheval, le taon passait très vite à côté de moi pour s'arrêter sur ma monture, ruant pour s'en défaire, galopant perdant ses fers. Sale taon ! Pensais-je. Alors que j'avais juste le taon devant mon nez d'un geste vif et précis mes doigts se fermant, pendant le temps par une patte, un autre nous assaillait en deux temps et trois mouvements je le prenais avec des gants. Par les taons qui couraient il fallait que je procède en deux taons mais prendre le taon me tenta ces derniers taons m'y obligèrent. Aux taons pour moi, je ne savais qu'en faire. Me vint une idée, de gagner du taon. Quelques taons après j'installais mes taons dressés sur un joli drapé. J'étais à la foire de Barlabarre où personne n'y est avare. J'avais passé mes taons au moule de l'éducation de la valse à trois taons. Depuis ces taons, j'étais à mon aise, le taon, c'est de l'argent ! Mais je ne sais par quel changement de taon au milieu de leur numéro ils se dressèrent dans les airs et se précipitèrent l'espace d'un taon sur toutes les têtes alimentant la consommation des taons. Et oui ! Le taon menace s'il n'est pas nourri à taon. Déguerpir sans perdre de taons était impossible vivre de l'air du taon était une affaire ancienne. Maintenant, savez-vous à quoi je passe mon taon au fond de ma cellule ? Je le serre entre mes dents quel bon taon ! 1
|
|
GOUTTE, GRAIN, FLAMME C- Je suis le goutte à goutte
S- Grain par grainC- Ma source s'épuise dans la durée S- La tête haute me tourne et je glisse pour m'évanouir dans la partie basse de mon existence C- Transparente dans la transparence je ne suis pas invisible transparente dans la terre cuite j'existe par utilité S- Je me balance sur des airs de cuisson. Dans les jeux on m'épie, j'ai leur arrêt entre les mains C- Mon chemin est à sens unique la dernière qui l'emprunte sera la défunte d'un passé qui ne reviendra jamais tout l'indique S- Mes formes sont arrondies j'ai la taille fine C- Ma forme est massive, informe et pourtant je suis à l'article du féminin S- Le mien du masculin C, S- Comme le monde est incertain B- J'en ai la flamme qui vacille 2
|
|
À VOS MARQUES, PRÊTS, FEU ! Pour s'exprimer m'a-t-on fait comprendre fallait user de quelques figures propre à soi. J'ai passé le pied on m'a hurlé au crime j'ai pointé le nez on me l'a écrasé alors j'ai foncé tout en cime poussant mes phonèmes. La sage femme blasée et blême m'a pendu par la cheville n'aimait pas mes poèmes de nouveau né. J'en devins vert de son teint de prose la labiée sans parfum elle qualifiait l'exigence d'une parfaite santé. Peu m'importait que j'eusse la tête aux pieds j'eus aimé qu'elle m'apostrophât d'un sourire vernal pour moi, elle avait perdu tout qualificatif qualitatif et de son nom elle fut dévêtue que j'appelais désormais machine à tifs. Machine à tifs avaient été fabriquée dans une vieille école celle des normes que l'on colle si déforme on recolle elle métrait, pesait, jugeait et notait j'étais épinglé comme étranger sans papiers avec cruauté repoussé à la frontière du mépris. Alors elle me mit sur une terre en jachère qui ne voulait pas être mère accueilli comme du gui mon poème d'existence avait déjà commencé : Bonjour la vie !
3 |
|
IMAGINARIUM TEMPORALYS Mimo avait lu dans la nature que les fleurs détenaient des pouvoirs magiques. Il demanda à sa maman de planter des immortelles et des impatiens dont l'essence des premières lui servirait à préparer une décoction pour offrir à celle-ci l'éternité. Son père était parti un matin et l'absence de son retour avait fait naître une sorte d'incompréhension liée à la culpabilité. Sa maman l'avait rassuré, en lui disant qu'il valait mieux pour eux, penser à leur vie plutôt que d'émettre des suppositions qui les torturaient. Cependant Mimo regardait l'horizon, espérant l'esquisse d'une silhouette. Quant aux impatiens, il croyait qu'en les observant régulièrement, il perdrait ce défaut. Sa maman lui répétait souvent : « calme-toi Mimo, ne trépigne pas, tu es trop pressé ». Cette phrase était en introduction aux autres et cela commençait à l'agacer. Dans leur maison de pierres, les hivers étaient rudes et la belle saison était à l'effort : ramasser du bois et le ranger, cueillir des fruits et des baies, chasser le gibier, plonger au fond des eaux pour y sortir l'acloa, le préparer, le sécher. L'acloa était une sorte de tourbe indispensable à leur survie lors des grands froids. Et puis encore et toujours se protéger des nomades pilleurs. Nola, sa maman, avait tout assumé jusque là mais il était temps pour Mimo de se préparer à ces tâches. À douze ans, l'homme qu'il serait, se profilait et les responsabilités avaient besoin de maturité. À la lune mauve, Nola, les larmes dans les yeux, chargea Mimo de descendre dans les eaux. « Je ne peux rien te dire de plus, Mimo, que d'être vigilant ». Il se souvenait des blessures maculant le corps fragile de la femme qui l'avait aidé à grandir. Faute de mari, elle avait assumé un travail d'homme, lui demandant force et ténacité. Un travail qui aurait pu être fait en trois heures l'était en six mais il était accompli. Mimo admirait son courage. Maintenant, c'était à lui de montrer qu'il était digne de sa mère car il fallait montrer de la volonté pour s'engager dans ces eaux. Nola noua autour de sa taille une ceinture à laquelle était attachée une corde qu'elle tenait. - Prends ce couteau et ne l'égare pas, il te servira à couper les hunnes, ces plantes solides en forme de grandes coupes, tu les rempliras d'acloa. Tire deux fois sur la corde, je t'aiderai à remonter. - Maman j'ai peur. Mimo aurait aimé prolonger le temps de l'enfance. Il était révolu. Ils se regardèrent un dernier instant et Mimo plongea. 4
|
|
DECOMPTE
4 tableaux accrochés dans la salle à manger 12 fois à tourner ces noms dans la bouche 52 raisons pour ne pas recommencer 365 vues exceptionnelles sur les 4 premiers 8760 km à parcourir pour fuir éternellement cette première qui deviendra dernière si la nature s'accroche à un mur l'aventure a besoin d'ouverture. 5
|
|
NOSTALGIE Il n'y aurait que des lundis dans mes semaines ce serait pareil lundi ressemble à mardi qui ressemble à jeudi mais pas le dimanche ce jour-là c'est le jour de paix c'est une nuit qui n'a pas envie de se lever une île à la paupière lourde bordée de larmes qui malgré les vents et leurs tourments ne cille pas c'est pour ça que j'aime venir ici sur le quai du port très tôt les dimanches matins il n'y a personne la mer pour moi c'est comme ma femme une caresse de quarante-trois ans qui m'a donné des enfants, des joies et des peines qui m'a pris dans ses bras et rejeté sur les bancs de sable seul à contempler leurs images sans pouvoir les toucher il faut dire qu'à soixante et onze ans la mer vous regarde comme une jeune fille et se ride avec tendresse pour vous faire comprendre que vous avez passé l'âge enfin c'était un dimanche à six heures alors que j'avançais sur le quai je voyais s'éloigner misalo à bord du bateau de M. le Maire quand je l'entendis : - Hé gargouille, qu'est-ce que tu dis du paysage ? Tous les bateaux de notre île avaient non pas hissé leurs voiles dans le ciel mais sombré leur âme dans l'eau un seul le rétif avait le flanc à jour un port sans bateau c'est un peu un vieil homme sans attaches un souffle de vie qui s'étouffe dans la solitude un endroit transitoire qui a été quand les autres ont vu cette nudité affolante devant cette mer calme, sereine leur visage s'est figé on ne pouvait croire que cette transparence avait englouti une partie de notre vie depuis ce temps, chaque dimanche matin on entend clapoter des coques de bateaux le chant d'une mer qui referme ses vagues autour de ses enfants. 6
|
|
QUEL CADEAU ? Les lunes argentées sont agéables à regarder j'y vois mon visage mais sans présage je ne sais ce qu'il y a au-delà. Attendre ne pas prendre ne pas toucher imaginer. Utile ou futile qu'importe le désir de savoir gracile espoir du plaisir. Bientôt mes doigts glisseront les rubans bouclés s'abandonneront j'atteindrai l'invisible achèvement de l'endurance ne plus être l'objet du temps j'ouvrirai mon cadeau. 7
|
|
VOUS ÊTES ICI Leur maison se regarde. Elle attend, contemple et pense que cet endroit lui semble immuable, figé. Lui, entretient son jardin, ôte quelques fleurs fânées, tond l'herbe folle. De chaque côté se meut l'existence, accrochée à un fil, posée de part et d'autre de la route. Lui, forge son espace, ses actes le transforment. Elle, assise sur une chaise le regarde de la fenêtre. Au milieu de ces deux êtres passe un enfant sautant et souriant. À cet instant leur attention se pose sur lui. Sur cette route linéaire, la jeunesse a quelque chose d'interminable, pense-t-elle. Lui l'apostrophe : - Jojo, tu veux que je t'apprenne à jardiner ? - J'peux pas, mes copains y m'attendent. Le jour que vous avez besoin de quelqu'un pour ramasser les fraises, y'a pas de problèmes, j'peux vous aider. Leur jardin est froid. Elle attend, à côté de la cheminée, la mesure surannée de son pouls qui lui enlève l'espérance d'une nouvelle existence. La vie est trop longue, soupire-t-elle. Lui retire la neige qui encombre le perron de sa maison. Il fait un bonhomme de neige sur le toit et raconte à ceux qui veulent l'entendre qu'il n'y est pour rien. La veille de Noël, autour d'un goûter, les enfants l'écoutent parler du secret de l'homme blanc. Leur village est sage. Elle attend, le souffle léger comme le dernier, déportée dans cet endroit, elle ne l'a jamais aimé. Lui achève les dernières réparations de sa maison, bricoler est sa passion. Ce village est son port d'attaches où ses ancêtres ont amarré leur vie depuis plusieurs générations. Quand vous traverserez ce village, laissez vos yeux flâner. Vous apercevrez ces deux maisons, seules dans leur rue, face à face. Arrêtez-vous et posez-vous la question à savoir , où et là ? Elle ou lui ? 8
|
|
LUI ET MOI Je ne peux vivre sans lui j'existe grâce à lui je suis son miroir infidèle ne lui ressemble pas quand il rayonne son bonheur m'illumine trace sa route de mon ombre quand il se réveille à l'est de nos rêves nous nous profilons à gauche, coeur à coeur quand nos appétits s'éveillent nous cheminons dans les vertiges de la verticalité quand les après-midi d'ouest finissent et nous séparent il part et je l'attends. 9
|
|
ENNÈA La première fois que nous nous sommes rencontrés Ennéa s'était mis en tête de deviner le mois de mon anniversaire. Je ne sais quelle science l'animait pour s'engager dans une telle recherche. Il eut été simple que je lui dise mais elle était décidée à mener son enquête seule. Ennéa n'était pas du style à aimer les choses faciles. Elle m'observa attentivement, prit des notes et me posa des questions du genre : qu'as-tu mangé au petit-déjeuner ? De quelle humeur étais-tu hier ? As-tu reçu des invités chez toi dernièrement ? Que lis-tu ? Quelles sont tes activités culturelles, sportives ? Parfois je n'avais pas envie de répondre, je répliquais vaguement. Elle me houspillait en me disant de faire un effort et m'en débitait d'autres. Ne serais-tu pas allé chez ta mamie à dix-sept heures ? Puis au hand-ball à dix-sept heures trente ? Ennéa était devenue mon calendrier vivant. N'oublie pas de prendre ton petit frère à la sortie de l'école, ta mère rentre plus tard de son travail le mardi ! Elle était si précise avec mon emploi du temps qu'elle savait ce que j'avais fait et ce que je faisais. Elle finirait par me prédire mon avenir ! De peur et de lassitude, j'évitais Ennéa. Impossible. Elle connaissait mes petits endroits, mes petits moments. Un soir, je décidai de me coucher plus tard ce qui changeait mes habitudes. J'étais content de ce pied de nez. Le lendemain Ennéa me dit : - Tu as les traits tirés, l'attention un peu floue et tu bâilles régulièrement. Tu ne t'es pas couché à l'heure habituelle. J'avais l'impression d'être le prisonnier temporel d'Ennéa. Et cette affaire dura douze mois pour en trouver un seul. Un jour, je reçus une carte d'anniversaire sur laquelle était inscrit « c'est celui-là » signée Ennéa. Je fus très étonné car elle s'était trompée. Et en même temps, très content car mon mois n'était plus son affaire. Elle pensait l'avoir trouvé, je ne lui ai jamais prouvé le contraire. Parfois la solution n'est pas une question de temps. 10
|
|
MOT COMPOSÉ Cherchant le repos dans le trait d'union on me partage en moitié égale pour être dans la manche de tout le monde. Lorsqu'on m'appelle, les courses effrénées se suspendent je suis alors l'objet de discussion et de motivation. 11
|
|
LE RÉGLEMENT DE COMPTES Tous les 365¼ jours de l'année, l'un se vante de briller par ses mille exploits, l'autre pleure de ne pas être aimée et le dernier souffle d'agacement. De mauvaise entente, ils descendent sur terre et s'en prennent à tout le monde. S- Je suis le plus fort, nommé Dieu en des temps anciens. Je suis indispensable sans moi ils seraient tous gelés. P- Tu es tellement indispensable, tu as vu ce que tu as fait cet été, tes dégâts humains sont immondes. S- Et toi pleurnicheuse, où étais-tu cachée ? Il est bien temps de pleurer maintenant. Certaines choses sont irréversibles, pourquoi n'es-tu pas intervenue ? Madame je fais tout. À toujours dire que personne ne t'aime. Ils avaient besoin de toi et tu n'étais pas là. Tu as préféré rester terrée dans ton petit coin. Maintenant, j'ai toute la place et je la garde. V- Taisez-vous assassins S- Ah sa sainteté va nous entretenir du code céleste moral. V- Ce jour-ci est pour moi. J'ai trop peu agi cette année pour ne pas prendre la place. P- Regardez un avion qui bariole notre ciel de traînées blanches. S- Les enquiquineurs. Vengeance. Souffle et brille et goutte. Embûchons sa route. Entre deux cols, plantera son nez dans le sol. 12
|
|
CHRONIQUE Forte de plusieurs sens je peux vous raconter des histoires qui hanteront durablement vos mémoires. Je m'incrusterai comme un virus prêt à vous dévorer de l'intérieur. Mes récits combleront les journaux de vos vies je me nourrirai, séparez le vrai du faux et je ferai courir des rumeurs. Qu'est-ce que le temps, me direz-vous. Comme la feuille née après le bourgeon le bourgeon après la branche la branche après les racines en dernier la graine, instrument de mon évolution le sens m'échappe. En premier la graine ? 13
|
|
PROTESTATION Il fut un temps où les jours de la semaine était en colère : rien ne va plus ici, c'est la débandade dit Lundi. Mardi refusait de se lever, Dimanche était parti en vacances et Mercredi s'était mis en tête de faire travailler tous les enfants. Lundi était affolé, lui le premier jour de la semaine dont les efforts ne se mesuraient pas tant il était difficile d'être le jour après Dimanche, devait assumer les tâches des autres. Alors Lundi eut une idée : puisque c'est ainsi, ils seront renvoyés. La semaine sera composée de Jeudi, de Vendredi, de Samedi et de moi-même. Jeudi, malin, répondit : nous étions sept et nous voilà quatre. Cela veut dire que nous allons intervenir plus souvent et réaliser les travaux des jours licenciés. Dans un mois, nous seront beaucoup plus présents. Alors, la meilleure des solutions serait d'embaucher. Lundi, un peu perplexe devant cette situation, la trouvant bien trop compliquée se demandait s'il n'avait pas parlé sans réfléchir aux conséquences. C'est exact, embauchons ! Le petit problème auquel ils se heurtaient, était l'endroit où passer leur annonce. Le calendrier, s'écria Lundi. Jeudi ne voulant pas en faire une affaire d'état et trouvant toutes ces histoires peu catholiques, proposa à Lundi d'en rester à ces bons vieux jours dont chacun avait l'habitude. Lundi réembaucha les licenciés. Mais ceux-ci ne voulaient plus travailler dans les mêmes conditions. Après tout, c'est qu'il a besoin de nous. Demandons plus, demandons mieux disaient-ils. C'est ainsi que chacun obtint une réduction du temps de lumière. Aussi les jour d'hiver, ils se couchèrent de bonne heure. 14
|
|
LA DIFFÈRENCE Quand Jour rencontra Nuit, ils virent à quel point ils étaient différents. Jour voulut offrir un peu de lui, c'est à dire un peu de lumière, de clarté mais Nuit répondit : tu me donnes un peu de toi, j'en suis charmée. Ne suis-je pas à ta lumière plus séduisante en restant moi-même obscure et sombre. Et toi, voudrais-tu de mes étoiles ? Jour comprit qu'il ne servait à rien de désirer ressembler à l'autre et de lui imposer ce qu'on est. Nuit trouva un compromis : à l'aurore et au crépuscule nous fusionnerons, nous nous enlacerons et je te bercerai pour te plonger dans un long sommeil. Et puis à ton tour tu t'éveilleras, tu m'illumineras pour me blottir au fond de toi. 15
|
|
GRANDE VIEILLESSE ET PETITE JEUNESSE Entre deux portes je la voyais passer elle gambadait l'ombre fuyait Derrière la porte la petite était assise elle caressait son chat elle l'embrassait Appuyée contre la porte, je contemplais sa jeunesse fleur de l'embonpoint de l'âge alors que le mien à l'état de décrépitude crépusculaire aurait pu marquer un oeil observateur à tendance comparateur. Combien de sécheresse cutanée nous séparent et combien de rayons de lumière nous rapprochent. Quand le printemps côtoie l'hiver, les floraisons à l'orée des routes dégèlent les fondrières. - Mémé, j'ai remarqué que tu avais des ponts sur le visage. Ça c'est l'âge ! Quand tu traverses la maison, j'ai l'impression que je pourrais aller à l'école toute la journée, en rentrant tu ne serais pas encore arrivée. Des fois, quand tu te lèves de ta chaise, on dirait une carte routière qu'on sort du fond de la boîte à gants de la voiture sans jamais savoir comment la déplier et enlever les plis. Ça mémé, c'est l'âge. Je suis contente que tu sois vieille, tu ne peux pas t'imaginer à quel point. Pour parler, je peux aller chez toi, tu es toujours là. Les autres sont trop occupés à faire des tas de choses et les choses ce n'est pas moi. Toi, dès qu'on pousse la porte de ta maison, tu souris. Ça c'est l'âge mémé et il est drôlement bien. 16
|
|
SOLITUDE Il est 21h je suis allongé sur mon lit à rêver sur le plafond seul Il est 7h je me lève me prépare un petit-déjeuner pars à l'école seul Il est 16h30 l'école est terminée retour à la maison seul 17
|
|
BONHEUR FUGACE
Je marchandais quelques flèches pour aller à la pêche. Du ruisseau au fleuve en passant par la mer je tâtais toutes espèces au prix de ma jeunesse, n'en voulant tuer aucune je les relâchais sans amertume. Las de décocher j'entrepris de voyager sans bagage, sans passager. Chemins empoussiérés, tête aérée, resplendissait une fleur allongée. Mon coeur ému par ses couleurs beautés s'inventa des mains pour la cueillir : des merveilles du sol peuvent jaillir vous avançant de charmant sourire. Fleur des champs filant la retenir devenait pressant fleur d'une saison fanant je lui décochais les aiguilles du clocher pour arrêter le temps. Voyant à l'horizon le bel ange cupidon des négoces prenant cours je l'entendis : je ne suis pas un marchand de tapis jetant mon amour aux vautours. 18
|
|
CONJUGUONS NOS INSTANTS Petit solitaire Pierre tu accroches ta vie à la pierre d'hier Pierre écoute-toi l'imparfait est celle que tu préfères raconte tes vacances dernières tes rencontres dernières des anecdotes qui radotent la matière ton histoire c'est l'histoire tu n'es plus d'époque la mémoire est un phénomène dont on se moque quand l'ascenseur est bloqué sur le mauvais palier à présent joue avec nous les cailloux dans les genoux désolé tu n'es pas très doué je t'apprendrai ce qu'il y a à faire Pierre je te donnerai du temps. 19
|
|
MES ENFANTS J'ai donné naissance à quatre bons chérubins. Je pensais qu'ils se ressembleraient, c'était sans compter la nature, qui les avait dotés d'un caractère particulier. Le premier est le plus espiègle, le plus curieux et le plus créatif. D'une graine, il invente une fleur Du vert, il fait naître mille couleurs Il cueille des bouquets d'aventure. Il est aussi très sensible, d'une larme peut surgir un rayon de soleil. J'ai l'impression de le voir renaître chaque jour. Le deuxième est tout sentiment. Il dégage une chaleur de coeur à faire fondre les glaces aux senteurs fruitées. Il adore les jeux d'eau et rencontrer de nouveaux amis. Il semble paresseux mais en fait il passerait son temps à faire des câlins. Le troisième est l'original de la famille. Il s'habille d'une façon excentrique, au mélange de couleurs chatoyantes et brunes sur fond gris. Bigarré jusqu'au garrot. Très théâtral, il écrit des pièces sur des feuilles qu'il découpe et jette en l'air en vociférant être ou ne pas être, lettres mortes qu'il ramasse à la pelle. Et enfin, le quatrième est assez tristounet et mélancolique. Il a le teint pâle, la démarche lente et peu assurée. A toujours froid et est fatigué par les tonnes d'habits qu'il porte pour se couvrir. Parfois la pensée du deuxième le réconforte et le fait glisser sur des pentes d'humeur blanche. Ah ! Quels qu'ils puissent être, ce sont mes petits amours. Je les berce, les cajole et les porterai jusqu'à la fin des temps. 20
|
|
HENRI Henri fait tout ce qu'on lui dit bien gentil n'est pas comme nous sa mère se méfie a peur pour lui. Henri se laisse faire belle affaire content de plaire. Les bons sentiments ne sont pas en place dans toutes les chaumières. Henri ne sait pas faire le tri chaque coeur est un palace où ses sourires se déposent ne voit pas la glace dont certains disposent. Henri est métronome à sa manière il bat une mesure qui n'est pas toujours en accord avec notre partition. Dans ma musique j'aimerais mettre quelques notes pour lui mais à l'école du savoir on ne m'a pas appris à composer avec lui. 21
|
|
L'ÉPHÉMÈRE Je lui ai remonté les aiguilles après qu'il ait perdu le nord. Il avait rencontré une belle horloge dont il avait espéré filer le temps. De seconde en seconde, de minute en minute, d'heure en heure, il était convaincu de cette harmonie du tic-tac. Et puis les secondes devinrent des heures, la discordance des instants laissa retentir une division du temps. L'horloge était joyeuse, pimpante, le cadran en bon état, un horloger était passé par là. 22
|
|
COMBIEN Le mein durera ce que je ne sais pas pas la peine d'économiser n'en connais pas la somme. Trop long, trop court ennui, amusement pas de balises sur le parcours. Aujourd'hui, il est à l'argent le prendre est un luxe. Presse ! Presse ! Mon coeur palpite sous l'agitation. Plus vite ! Mes semelles glissent sous les précipitations. Brasse ! Brasse ! Le bateau sombre ne sais combien ai amassé. 23
|
|
FINALEMENT Elle a posé les mains sur les yeux comme on tourne le visage pour ne pas voir, l'animal s'approchait, les lèvres retroussées. Elle entendait les pas écraser la neige, affirmant son inébranlable résolution à la toucher. La nature était son parent. Elle lui parla, puis s'agrippant à la crinière, s'enfuit sur les vents en nue d'ange. 24
|
|
SOLUTIONS 1- Les différentes expressions du temps 2- Clepsydre, sablier, bougie 3- Naissance 4- Temps fictif 5- Trimestre, mois, semaine, jour, heure 6- Le passé 7- Chronomètre 8- Espace-temps 9- Cadran solaire 10- Année 11- Mi-temps 12- Soleil, pluie, vent 13- Le sens du temps 14- Les jours 15- Jour et nuit 16- Génération 17- Les heures 18- Subjectivité du temps 19- Imparfait, présent, futur 20- Printemps, été, automne, hiver 21- Métronome 22- Désynchronisation 23- Durée de vie 24- Arrêt du temps |