LE MARCHAND DE CHOCOLAT
Christine TROLET

PIÈCES DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR LES 3-5 ANS
THÈME : LA GOURMANDISE



LES PERSONNAGES :  

Fortissimo, le chat gourmand
Jolio, le cheval, ami de Fortissimo
Marmiton, le chien patron
Loupin, le roi du festin
Poditrucke, la sorcière
Les Demoiselles, les coccinelles

C'est l'histoire d'un marchand de chocolat très gourmand qui s'appelle Fortissimo. Il est tellement gourmand qu'il mange toute sa marchandise et n'a jamais rien à vendre. Monsieur Marmiton, son patron, est bien décidé  de s'en séparer s'il ne change pas. Son ami, Jolio, lui vient en aide. Mais comment fait-on pour ne plus être gourmand ? Comment aider Fortissimo ? Ils appellent Poditrucke la sorcière, Loupin le roi du festin et même, son ami vend le chocolat à sa place ! Rien n'y fait. Fortissimo continue à avaler des tonnes de chocolat...










Fortissimo (seul en scène, il mange du chocolat) - Hum, miam, chrounch, chrounch, ch'est bon, hum, ch'est délicieux.
Marmiton -  Fortissimo ! Fortissimo !
Fortissimo  -  Vite mon patron arrive...






Marmiton - Ce n'est pas la peine de te cacher !







Marmiton - Ah ! Je t'y prends Fortissimo. Montre-moi la marchandise. Où est le chocolat ?
Fortissimo - Heu... Je l'ai vendu.
Marmiton - Donne-moi l'argent !
Fortissimo - Heu...
Marmiton - As-tu l'argent ? Tu as mangé le chocolat ! Je te rappelle que tu es un marchand de chocolat, je te paie pour vendre du chocolat pas pour le manger ! Si tu continues de manger ma marchandise, je te renvoie. Je te laisse une dernière chance, tu n'en auras pas une de plus. Tu  m'as bien compris.
Fortissimo - Oui monsieur Marmiton.
Marmiton donne trois boîtes de chocolat à Fortissimo.
 





Marmiton part. Arrive Jolio, l'ami de Fortissimo.
Jolio - Je n'étais pas très loin, j'ai tout entendu.
Fortissimo - Qu'est-ce que je peux faire ?
Jolio - C'est simple, tu arrêtes de manger le chocolat !
Fortissimo - Ah ! Ce n'est pas possible... J'adore le chocolat ! Lorsque je pose un carré sur ma langue, hum, c'est merveilleux, il fond doucement. Il n'en reste pas un petit morceau...
Jolio - Non ! Tu en as mangé assez ! Je vais t'aider Fortissimo. Comment faire ? ... Allons voir Poditrucke.





 

Jolio et Fortissimo tapent à la porte de la maison de la sorcière Poditrucke.

                                                                                                      
                                                                                                 








Poditrucke - Ne me dites rien, j'ai deviné :  le petit gros a des soucis !

Fortissimo - J'adore le chocolat !
                                                   On peut dire ce que l'on voudra
                                                   C'est bon de manger du chocolat
                                                   Je m'en mets sur les doigts
                                                   C'est tellement bon, je ne compte pas

Poditrucke - Oui, cela se voit.

Jolio -  S'il vous plaît, Poditrucke, vous êtes une sorcière avec beaucoup de talents, vous ne pourriez pas trouver un petit truc pour que Fortissimo ne mange plus de chocolat ?

Fortissimo, ne semble pas d'accord - Ne mange plus de chocolat, aïe !

Poditrucke - Taratata, oublie le chocolat et mieux tu te porteras.








Jolio - Un haricot vert !!! Mais... Ce n'est plus mon ami !

Poditrucke - Votre ami est trop gros.

Jolio - Rendez-moi mon ami, je l'aime comme il est.

Poditrucke - Taratata, goinfre-toi de chocolat et pire tu te porteras. Dorénavant, je ne vous aiderai plus. Débrouillez-vous !

Poditrucke les met à la porte.

Fortissimo - Qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'avais froid.

Jolio - Poditrucke, ce n'était pas une bonne idée. Je vais t'aider Fortissimo. Comment faire ? ...








Jolio - Je peux vendre le chocolat à ta place ! En ne le voyant plus, tu l'oublieras. Au bout de quelques jours, tu auras moins envie de chocolat.

Fortissimo - Je te prépare la marchandise.

Jolio - À tout à l'heure.
Jolio reste seul en scène, arrivent deux demoiselles.






Jolio - Bonjour jolies demoiselles, j'ai du bon chocolat.

Une Demoiselle - Nous allons prendre deux boîtes s'il vous plaît.


Elles partent, pas très loin finalement.








Une Demoiselle - Oh ! C'est honteux ! Vous nous avez vendu deux boîtes vides. Rendez-nous notre argent, voleur ! Nous ne vous achèterons plus rien.


Jolio - Excusez-moi. FORTISSIMO ! FORTISSIMO !

Fortissimo - Oui .

Jolio - Où est le chocolat ?

Fortissimo - J'adore le chocolat !
                                            On peut dire ce que l'on voudra
                                            C'est bon de manger du chocolat
                                            Je m'en mets sur les doigts
                                            C'est tellement bon, je ne compte pas

Jolio - Il a mangé tout le chocolat ! Ce n'était pas une bonne idée de te remplacer. Comment faire ? ...






Jolio et Fortissimo se rendent au palais de Loupin.

Loupin - Que se passe-t-il ?

Jolio - Loupin, vous êtes le roi du festin. Votre cuisine est la meilleure sur cette planète. Vous n'auriez pas un bon plat qui ferait oublier le chocolat à mon ami Fortissimo.

Loupin - Je pensais déposer cette bonne bouillabaisse chez Mésuline ma cousine. Veux-tu la goûter Fortissimo ?







Fortissimo -  Je ne suis pas difficile.

Loupin - Et bien, mon petit, tu as bon appétit. Il n'y a plus rien dans ma marmite.

Fortissimo - C'est excellent.

Loupin - À chaque fois que tu auras envie de manger de chocolat, viens me voir. Je te préparerai une bonne bouillabaisse.

Jolio - Tout ira bien maintenant.

Tout le monde quitte la scène sauf Fortissimo.

Fortissimo -  Il reste une boîte de chocolat. Hum... Qu'est-ce ça sent bon ! Et si... je mangeais un tout petit bout. Non, j'ai promis à mon ami de ne pas céder à la tentation. Vite, je file chez Loupin.







Jolio entre en scène.




Jolio -  Où est Fortissimo ? Sans doute chez Loupin. Je suis passé trois fois dans la journée, il n'était pas là. Si Fortissimo passe sa journée chez Loupin à manger de la bouillabaisse, il ne peut pas vendre les boîtes de chocolat.



Arrive Fortissimo encore plus gros qu'avant.





Fortissimo, essoufflé - Ce n'est pas facile de se déplacer avec tout ça... Je suis fatigué.

Jolio - Tu as passé ta journée à manger de la bouillabaisse ?

Fortissimo - Il a bien fallu, Loupin m'a appris à la préparer. À chaque fois, je l'ai goûtée.

Jolio - À chaque fois tu as bu toute la marmite ? Et la dernière boîte de chocolat, où est-elle ?

Fortissimo -  J'en ai mangé 1+1=2. Et puis 2+3...

Jolio - ... Ça fait 5...

Fortissimo - Il n'en restait que 2, à quoi bon garder une boîte pour deux malheureux chocolats !

Jolio - Appelons un chat un chat. Tu sais ce que tu es ?

Fortissimo - Je sais Jolio, je suis un gourmand.



Marmiton entre sur scène.




Marmiton - Fortissimo, combien as-tu vendu de boîtes de chocolat ?

Fortissimo - J'adore le chocolat !

Marmiton - Tu as mangé ta dernière chance. Tu es renvoyé, je ne veux plus te voir.

Fortissimo - C'est mieux comme ça, je ne résiste pas au chocolat. Mais d'où me vient cette envie de chocolat ?




 



La Mémoire - Tu ne t'en souviens plus Fortissimo ? Sur les marches de ta maison, ta maman te faisait signe.Tu partais tranquillement à l'école. Tes cahiers et tes crayons résonnaient dans ton cartable quand tu sautillais. Et puis, passait la matinée, venait la récré, tu sortais ton goûter mais jamais il ne te plaisait. Ta maman te donnait toujours une poire. Tes amis mangeaient des bonbons, du chocolat, des gâteaux et toi ta poire.









Fortissimo - Je me souviens de mon premier carré de chocolat. Tu me l'avais donné à la récré. Hum, c'était savoureux, délicieux. La nuit, sans faire de bruit, je suis allé dans la cuisine. J'ai sauté sur le tabouret. J'ai ouvert la porte de l'armoire et j'ai bien regardé. Il y avait du chocolat. Maman ne m'en donnait jamais. La première nuit j'ai mangé un petit bout, la deuxième nuit un bout, la troisième nuit un gros bout, la quatrième nuit un énorme bout. Bout à bout, ça faisait beaucoup !


Jolio - Tu en as mangé trop ! Et maintenant tu continues.





Fortissimo - On peut dire ce que l'on voudra
                     C'est bon de manger du chocolat
            Je m'en mets sur les doigts
                           C'est tellement bon, je ne compte pas










Jolio - Tu peux dire ce que tu voudras
             C'est bon de manger du chocolat
      Tu les comptes sur les doigts
                     C'est tellement bon et mieux comme ça











Fortissimo et Jolio -  On peut dire ce que l'on voudra
                                     C'est bon de manger du chocolat
                    On se lèche les doigts


Fortissimo - Des limites, je n'en ai pas.


Jolio - Un jour, tu comprendras
                                   La gourmandise est d'en manger des tas
          Le sourire du chocolat
                                                Est un plaisir qui se savoure du bout des doigts.